Palais Garnier (du 5 au 20 février 2016)
"La nuit s’achève" d’après l’Appassionata Sonata de Ludwig van Beethoven, 
chorégraphie Benjamin Millepied, piano Alain Planès
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Le Nouvel Obs, le 16/02/2016 :

Un authentique chorégraphe

Par Raphaël de Gubernatis  


Eblouissant ! On a quelque scrupule à user d’un tel terme alors que la chorégraphie que l’on contemple, aussi virtuose et brillante soit-elle, n’est pas faite pour épater, pour éblouir. Mais la vigueur, l’inventivité, le savoir-faire, l’élégance, le lyrisme encore, l’allégresse de l’écriture de Benjamin Millepied ont malgré tout quelque chose qui faut bien qualifier d’éblouissant.


Il n’est pas question de faire de lui un grand chorégraphe comme sont tentés de le proclamer ceux qui n’ont aucune culture ou jugement et qui ne sont qu’éblouis par la renommée. Mais Benjamin Millepied est assurément un authentique, un excellent chorégraphe, chose devenue rare dans les temps qui courent. On comprend toujours quelles furent ses qualités de danseur quand on découvre ce qu’il écrit pour ses interprètes, quelle est sa sensibilité, quelle est sa musicalité.


Sa dernière création, intitulée de façon quelque peu sibylline "La Nuit s’achève", est composée sur la sonate dite "Appassionata" de Beethoven, honorablement exécutée au piano par Alain Planès. Elle est dansée devant un triple portique, sur un fond d’un rouge et d’un bleu profonds (scénographie de Camille Dugas), par six danseurs formant eux aussi trois couples, mais qui se mêlent avec bonheur, s’exposent en duos, en trios exclusivement masculins ou féminins, en sextuor.


Tout est beau, fluide, séduisant dans cette chorégraphie à laquelle un rapport intelligent à la musique confère un surcroît de légitimité. Benjamin Millepied y a travaillé avec ces jeunes danseurs sur lesquels il ne tarit pas d’éloges ce qui lui a valu les foudres des virtuoses en titre. Et effectivement Aubane Philibert, Aurélia Bellet, Léonore Baulac, Florent Mélas, Hugo Marchand et Marc Moreau, dans toute la fougue et la fraîcheur de leur jeunesse, s’y montrent excellents et très convaincants.


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Le Figaro, le 06/02/2016 :

Les Adieux de Benjamin Millepied avec sa nouvelle création à l’Opéra de Paris

Par Ariane Bavelier


Ce vendredi soir au palais Garnier, le chorégraphe, dont la démission a été annoncée jeudi, présentait La Nuit s'achève. Une création chorégraphiée au plus près des danseurs, qui magnifie leurs qualités.


Dix minutes d'ovation, des mercis, des bravos ont accueilli la création de Benjamin Millepied, ce vendredi soir, au Palais Garnier. Après avoir salué, l'une des trois danseuses est allée chercher le merveilleux pianiste, Alain Planès, qui a interprété L'Apassionnata de Beethoven. Elle a ensuite invité Benjamin Millepied, retranché dans les coulisses, à revenir sur scène. Tour à tour, les danseurs l'ont entraîné à saluer avec eux, puis l'ont laissé seul devant le public.


Il y avait, dans la ferveur des applaudissements, dans les mains qui battaient à tout rompre, ce trop-plein d'émotion par lequel on se laisse submerger, dans les soirées d'adieux des étoiles, lorsqu'on s'abandonne à rendre hommage, le cœur serré, les mains si brûlantes qu'elles s'engourdissent. Ça n'est pourtant qu'un au revoir, puisque Millepied reste en poste jusqu'au 15 juillet et a deux créations annoncées pour la saison prochaine, l'une à l'automne, l'autre au printemps.


Complicité sidérante


La Nuit s'achève: ainsi s'intitule le dernier opus de Millepied. Il l'a écrit pour six danseurs, Amandine Albisson, Sae Eun Park, Ida Viikinkovski, Hervé et Marc Moreau, et Jeremy-Loup Quer, dans une complicité sidérante. Dédiée à la mémoire de Nicholas Petrides, un proche du chorégraphe, la pièce, comme la partition, exalte les tempêtes du cœur et de l'âme, devant un mur percé de trois arcades. Un couple porte du rose, l'autre du rouge et le dernier du bleu dans la première partie. Lignes de garçons ou de filles, pas de deux, tutti qui se rompent, nombreux effets de bras. La première partie n'est que l'antichambre de la seconde où, passée de l'autre côté de la nuit, la passion mène le bal des amants et hante les solitudes.


Hervé Moreau l'ouvre avec Amandine Albisson cheveux dénoués, tout de blanc vêtus, dans un pas de deux d'une beauté à couper le souffle. Les autres couples leur succèdent, l'un en noir, l'autre en gris, variant les différentes manières de s'étreindre ou de fuir. Aucune révolution formelle dans ce ballet mais une création chorégraphiée au plus près des danseurs, qui magnifie leurs qualités, et à laquelle ils répondent en faisant éclore dans leur danse, à fleur de peau, les sentiments que porte la musique.


La Nuit s'achève, sixième pièce qu'il créé pour l'Opéra de Paris, avec qui il a commencé à travailler en 2006, souligne une évolution chorégraphique qui travaille vers l'épure et le sentiment. Dans un simplicté inspirée par celle de son mentor, Jerome Robbins.



Extraits du Monde, le 06/02/2016 :

Après le coup de tonnerre, les bravos pleuvent sur Benjamin Millepied

Par Rosita Boisseau


« Il a jailli des coulisses, s’est retourné d’un coup, dos au public, pour dissimuler son émotion, avant de faire volte-face et d’avancer vers les spectateurs. Encadré de six interprètes, Benjamin Millepied a reçu de longs applaudissements, vendredi 5 février, pour sa nouvelle pièce, La nuit s’achève, surL’Appassionata, de Beethoven, à l’affiche du Palais Garnier jusqu’au 20 février. Chaleur des spectateurs venus saluer son travail et celui des danseurs, une journée seulement après le coup de tonnerre de sa démission de directeur de la danse à l’Opéra national de Paris.


La nuit s’achève met en scène trois couples dans une course-poursuite de pas, d’humeurs, de sentiments. Sur le flux de Beethoven, interprété par le pianiste Alain Planès, la danse file, s’échappe, se rêve autrement pendant que la musique la propulse sans cesse ailleurs. Une effusion urgente en costumes rouge ocre, bleu profond, qui bascule dans une palette blanc-gris-noir sans lâcher sa veine romantique. »


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Extraits de Paris Match, le 06/02/2016 :

Hier soir à Paris... Le nouveau ballet de Benjamin Millepied

Par Philippe Noisette


« Dans un programme mixte avec une création de Jérôme Bel et l'entrée au répertoire des Variations Goldberg de Jerome Robbins la pièce la plus attendue aura été, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, "La Nuit s'achève" signée Millepied.


Six danseurs sur scène, peu de décor, des costumes subtilement dégradés et la musique de Beethoven interprétée avec talent par Alain Planès. Cet opus n'était pas au programme en début de saison. L'ex-directeur de la troupe a rajouté sa chorégraphie il y a quelques semaines  : il avait visiblement envie de créer un ballet sans effet de trop, simplement le mouvement et un piano. "Je danse d'abord parce que j'aime la musique" a l'habitude de dire Benjamin Millepied. Il excelle ici dans des duos vibrants de sensualité, un jeu de séduction malicieux.  Il y a de la sérénité dans l'air...»


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Extraits de toutelaculture.com, le 08/02/2016 :

La nuit s’achève : les agréables voluptés de Benjamin Millepied

Par Amélie Blaustein Niddam


« Au piano, Alain Planès se lance pour la Sonate n°23 op.57, Appassionata de Ludwig Van Beethoven. Elle est perçue comme étant sombre et orageuse. Sur scène, six couples vont se rencontrer, s’échanger, s’aimer et se troubler. Les étoiles Amandine Albisson et Hervé Moreau forment un couple impressionnant de fluidité. Sae Eun Park, Marc Moreau, Ida Viikinkovski et Jérémy-Loup Quer ne déméritent pas. Le décor est une série d’ouvertures rassemblées par une structure. Alors, c’est joli, très joli. Les envolées aux accents jazz sont impeccables, les piqués, les jetés, et les portés sont d’une technicité irréprochable. Mais aucun contrepoint, aucune raideur ne vient troubler ses relations qui semblent être dénuées de tourments. Et pourtant, la musique dit l’inverse. Benjamin Millepied offre ici une oeuvre facile qui ne peut pas déplaire. C’est beau, élégant, mais dans une distance trop forte avec le récit qu’il souhaite raconter. »


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Extraits de artistikrezo.com, le 08/02/2016 :

Pour Millepied, « La nuit s’achève » à l’Opéra

Par Thomas Hahn


« La nuit s’achève se déploie en dialogue avec la sonate « Appassionata » de Beethoven, interprétée au piano, par un Alain Planès très inspiré. Installé au-dessus de la fosse d’orchestre couverte, il regarde le plateau, faisant le lien entre le public et les danseurs. Il est donc question de passion, amoureuse sans doute, et d’une nuit pleine de poésie amoureuse. Cette danse n’est faite que pour évoquer des sensations, pour entraîner le spectateur dans un tourbillon qui ne cesse de s’intensifier. Petit à petit, on entre comme dans un état d’ivresse, une impression d’être entouré e bulles de champagne.


L’erreur de Pierre Bergé


Le début de « La nuit s’achève » est pourtant d’un classicisme confondant, si proche des registres d’un Balanchine et d’un Robbins, qu’on comprend pourquoi Pierre Bergé peste contre Millepied en l’accusant, sur Twitter, de plagier le maître américain, ce Robbins dont la fameuse partition chorégraphique sur « Les Variations Goldberg » de Bach clôt la soirée. Bien sûr que Bergé se trompe. Il n’est pas seulement permis, mais en plus un exercice passionnant d’entrer en dialogue avec un maître. Millepied ne cesse de rendre hommage à Robbins. Dans « La nuit s’achève », il introduit de subtiles digressions comme ces portées aux battements de jambes ou ces suspensions du temps, brèves attentes qui signifient des éternités, créant des moments presque cinématographiques et des ambiances comme dans les tableaux d’Edward Hopper.


Dans la seconde partie, Amandine Albisson et Hervé Moreau apparaissent tels des amants dans un film italien, incarnations de la séduction et du rêve amoureux. Tout de blanc vêtus, ils s’embrassent sous le regard des quatre autres, maintenant en couleurs sombre sans éclat, comme des soucis du quotidien, dont on serait enfin débarrassé. Si la chorégraphie est de plus en plus mouvementée, elle joue également sur des ralentis, juste suggérés, tout en restant très fluides. Là aussi, Millepied introduit un moyen d’expression très filmique. C’est dans ses détails que « La nuit s’achève » est grand.


Evoquant des vagues et autres motifs de la nature, ce pas de six s’envole avec la légèreté de Sae Eun Park, aux battements de jambes fins comme du papier chinois (mais attention, Park est Coréenne!) et aux promenades sur pointes qui frôlent l’illusion d’optique. Si Park est l’air, Ida Viikinkovski incarnerait le feu, dans un passage turbulent et expressif. Aussi, Millepied dont on sait qu’il aime à nous faire découvrir les jeunes talents de la compagnie, révèle les tempéraments et les qualités spécifiques de chacune. Sur le plateau, il sait mettre en valeur ses interprètes. Ici il les sert presque mieux que lui-même en tant qu’auteur, ne révélant que vers la fin le pourquoi des passages très sages du premier mouvement, qui n’étaient qu’une nécessaire préparation de l’envol progressif. »


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Extraits des Inrocks, le 09/02/2016 :

Les spectacles à ne pas manquer

Par Olivier Mialet


« Ce programme réunit aussi une création de Benjamin Millepied, La nuit s’achève, sur la sonate Apasionata de Beethoven, interprétée par le pianiste Alain Planès. Trois couples habitent cette nuit agitée, ensemble ou séparément, et donnent chair à la virtuosité, la rapidité ou les tonalités sombres de la sonate de Beethoven. Romain Rolland la décrit comme “un torrent de feu dans un lit de granit” et la traduction chorégraphique qu’en livre Benjamin Millepied en restitue le flux et la respiration avec autant d’élégance que d’énergie. »



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Extraits de culturebox, le 11/02/2016 :

Six jeunes danseurs pour "La nuit s'achève" de Millepied 


« Le temps fort de la soirée est bien entendu "La nuit s’achève", la dernière création de Benjamin Millepied (deux autres sont prévues la saison prochaine) sur la sonate pour piano Appassionata de Beethoven, jouée live par Alain Planès. 


Une pièce pour six danseurs, des jeunes pour la plupart, que Millepied à mis sous le feu des projecteurs dès son arrivée. Trois couples lancés dans une course poursuite où s’épanchent les cœurs. Léonore Baulac et Florian Magnenet étincellent dans cette danse fluide, élégante et extrêmement sensuelle.


Manque un crescendo dramaturgique pour coller à la partition qui évoque si bien les remous de la passion (Car l'on sait combien une des obsessions de Millepied est dans cette osmose entre la danse et la musique). 


"La Nuit s’achève" sur des applaudissements fournis, que Millepied viendra savourer sur scène entouré de ses danseurs.


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Extraits de publikart.net, le 13/02/2016 :

Bel/Millepied/Robbins : trois regards sur la danse

Par Amaury Jacquet


« Avec La Nuit s’achève, Benjamin Millepied exaltent les harmonies sombres et impétueuses de la sonate Appassionnata de Beethoven, interprétée par le pianiste virtuose Alain Planès, et met en scène trois couples aux prises avec les tourments de la passion, qui traversent la nuit jusqu’au lever du jour.


Sur la partition à l’architecture inflexible, la danse aérienne, déliée, convoque les corps attisés sur fond de sauts et grands écarts en l’air qui ouvrent l’espace puis s’électrise avec des portés et battements de jambes en suspension, le tout dans un mouvement chorégraphique et cinématographique. Où l’art des contrepoint et des résonances  gestuelles font merveille. »



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Extraits de Télérama, le 17/02/2016 :

“La nuit s'achève” : la dernière danse de Benjamin Millepied à l'Opéra de Paris

Par Emmanuelle Bouchez


« Benjamin Millepied a réglé sa pièce sur les tourments beethovéniens de l'Appassionata (au Steinway, Alain Planès, bravo !). Trois couples s'élancent dans la tempête pour ne jamais s'arrêter. Paradoxe : le directeur-chorégraphe sortant, pour sa troisième oeuvre signée depuis 2014 à l'Opéra, n'a jamais été aussi mature dans sa quête de « musicalité », son obsession. La grande maison l'aurait-elle fait grandir ? Il ne révolutionne rien, mais pousse à bout l'accord parfait avec une si belle aisance. Femmes et hommes emmêlés y convolent en portés intenses. Le couple Albisson-Moreau y déploie une élégante et poignante sensualité. »


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